l u dans la Dépêche du Midi
De leur correspondant Patrick Leleu avec la Rédaction du Lot
Alors que la canicule perturbe actuellement le réseau ferroviaire en France, voyager en train relevait déjà du parcours du combattant bien avant les fortes chaleurs. Début juin, Yolande, une septuagénaire partie de l’Ain pour rejoindre sa famille dans le Lot, a vécu un véritable périple de plus de 26 heures. Entre incendie sur les voies, correspondances manquées, nuit à l’hôtel et attente interminable, récit d’une « sacrée galère » ferroviaire.
Avec la canicule qui touche la France, et particulièrement le Lot, les voyages en train deviennent compliqués. Retards, annulations… Il est bien difficile de se déplacer. Mais bien avant ça, certains trajets s’avéraient déjà être le parcours du combattant. Début juin, une passagère a vécu ce qu’elle décrit comme « l’enfer » entre l’Ain et le Lot.
Au petit matin, Yolande, âgée de 73 ans, quitte son domicile et se rend à la gare de Bellegarde-sur-Valserine. Direction : Gourdon. Chaque année, la septuagénaire se rend dans le département pour visiter sa famille. La première étape pour arriver jusqu’à Lyon se passe sans embûche. Les choses se gâtent dans le train qui doit l’emmener à Toulouse. « Nous sommes restés bloqués près de Nîmes pendant une demi-heure car il y a eu un incendie sur les rails », raconte Yolande, âgée de 73 ans. Puis, aux alentours de Montpellier, le train est resté immobilisé pendant plus de trois heures. « On est arrivés à 20 h à Toulouse donc évidemment, j’ai loupé ma correspondance pour Gourdon », glisse Yolande.
« Ça a été une sacrée galère. Je n’ai plus vingt ans ! »
La SNCF lui propose alors de l’héberger pendant une nuit dans une chambre d’hôtel. « On n’avait rien à manger alors ils nous ont offert un carton repas. Nous étions tous sur le quai à attendre que les taxis viennent nous chercher », se remémore Yolande. Elle ajoute : « C’était très fatigant. Il n’y avait rien pour s’asseoir, j’avais mes bagages. »
Ce n’est que trois heures plus tard, vers 23 h, que la septuagénaire peut enfin s’allonger. Mais pas pour très longtemps. « On m’a dit qu’à 5 h du matin, un taxi viendrait me chercher pour que je puisse prendre le train de 6 h 30. Bonne élève, j’étais prête à 4 h 45 », glisse la femme. Pourtant, elle doit patienter jusqu’à 7 h 30 avant qu’un taxi n’arrive. Course qu’elle a dû payer de sa poche. « Une fois arrivée à Montauban, j’ai dû prendre le bus pour aller jusqu’à Gourdon », raconte-t-elle. Yolande posera le pied en terres lotoises à 12 h 30… Après plus de 26 h 30 de voyage. « Je n’en veux pas à la SNCF, ce n’est pas de leur faute. Mais c’est vrai que ça a été une sacrée galère. Je n’ai plus vingt ans ! », glisse la septuagénaire, malicieusement. « Le plus compliqué, c’est que je voyage sans téléphone. Il a fallu que je demande de l’aide aux autres passagers pour pouvoir prévenir ma famille que je n’arriverais pas à quai à 19 h, comme prévu. » Des remboursements sont déjà proposés par la SNCF. Et après plusieurs jours dans le Lot, Yolande a regagné sa maison… sans embûche cette fois.
De son côté, la SNCF « regrette cette mésaventure. Un incendie à proximité de Sète a entrainé l’interruption des circulations ferroviaires entre Sète et Béziers, le 9 juin dernier », et invite Yolande à se rapprocher du service clients SNCF Voyageurs pour un dédommagement. »