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SNCF : prenez le train à l’aller, débrouillez vous au retour ! Bienvenue dans Koh-Lanta version ferroviaire !

Vendredi 30 octobre galère sur les rails ! Entre retards, suppressions, car de remplacement qui fait du saute-gare et covoiturage improvisé, les usagers des petites gares ont parfois l’impression de participer à une nouvelle saison de Koh-Lanta ! Sauf qu’ici, les épreuves ne se déroulent pas sur une île déserte, mais sur le réseau ferroviaire. Et surtout, il n’y a pas de collier d’immunité pour éviter la suppression de son train !

Le matin : quelques sueurs froides

Avant de prendre mon train, je vérifie ma correspondance entre le liO n°871650 et le liO n°871655 en direction de Cahors et là, mauvaise surprise : pratiquement tous les trains Intercités de la journée affichent des retards !

De quoi s’inquiéter pour notre liO. Il faut rappeler que les trains Intercités sont prioritaires sur les trains régionaux liO. Lorsqu’un Intercités circule avec du retard, les liO peuvent donc être amenés à ralentir ou à attendre en gare pour lui laisser la priorité. Une contrainte liée à l’organisation du trafic ferroviaire et aux règles de sécurité, tout à fait compréhensible.

Heureusement, notre liO dessert également une gare intermédiaire entre Cahors et Gourdon, ce qui lui permet de disposer d’un peu de marge pour réguler sa circulation.

Finalement, le trajet du matin se passe plutôt bien.

Première épreuve réussie : le train est arrivé à bon port !

L’après-midi : le train disparaît des écrans !

Au retour, en arrivant en gare, je découvre que mon liO affiche déjà 30 minutes de retard. Puis 45 minutes… Et enfin une heure !

Et là, le scénario que je redoute finit par arriver : la suppression du train !

Sauf que ce train est le dernier permettant de rejoindre deux petites gares. Le prochain ? Lundi matin à 7 h 37 !

Autant dire qu’il ne reste plus qu’à réserver une chambre d’hôtel en gare. Ah mince, il n’y en a pas !

Partir en train le vendredi matin et ne pouvoir rentrer que le lundi matin : la SNCF vient-elle d’inventer le week-end prolongé obligatoire ?

Le car de remplacement : l’épreuve du saute-gare

Une solution nous est proposée : un car de remplacement censé desservir toutes les gares.

Enfin… censé !

Après le train fantôme, le bus qui s’évapore

Dans la réalité, le car pratique plutôt le « saute-gare ». Certaines gares ne sont tout simplement pas desservies. L’explication avancée ? La route serait trop étroite pour permettre au car de passer.

Curieux tout de même ! Les cars circulaient déjà sur cette route il y a une quinzaine d’années et, sauf erreur de ma part, elle n’a pas rétréci depuis !

À moins que les véhicules aient pris quelques centimètres de largeur avec le temps ?

Plus sérieusement, on peut se demander si cette organisation ne relève pas davantage d’une simplification du service que d’une véritable impossibilité technique.

Et pour ceux qui pensent qu’un autre train pourrait faire l’affaire, mauvaise nouvelle : le liO n°871658 de 18 h 39 ne dessert pas cette gare le vendredi soir lui aussi en mode saute-gare pour motif « quai trop court le vendredi soir seulement ».

Décidément, certaines petites gares semblent avoir le droit de prendre leur week-end avant les voyageurs !

L’épreuve finale : trouver un moyen de rentrer chez soi !

Au final, pas de train, pas de car desservant correctement notre gare et pas de taxi à disposition.

Nous avions pourtant acheté un billet de train !

Les usagers ont donc dû s’organiser et trouver une solution de covoiturage. Une personne a accepté de venir nous chercher à la gare de Cahors pour nous ramener à notre petite gare.

Il faut rappeler que nous avions pris le train le matin depuis cette même gare. Nous étions donc sans voiture sur place et dépendions entièrement de cette solution improvisée.

Résultat : nous avons payé nos billets de train, mais pour rentrer chez nous, nous avons dû compter sur la solidarité entre voyageurs !

Finalement, le train nous transporte à l’aller et, au retour, c’est le système D qui prend le relais !

Le covoiturage est une belle preuve de solidarité, mais il ne devrait pas devenir une obligation pour compenser les défaillances du service ferroviaire.

Les petites gares, les grandes oubliées ?

Cette journée illustre une nouvelle fois les difficultés rencontrées par les usagers des petites gares.

Nous payons nos billets comme les autres voyageurs, mais lorsque les choses se compliquent, nous avons bien souvent le sentiment d’être les grands oubliés du réseau.

Comment demander aux habitants des territoires ruraux d’utiliser les transports en commun si les solutions de remplacement ne permettent même pas de rejoindre leur gare ?

SNCF Occitanie a encore du chemin à parcourir pour garantir un service équitable à tous les voyageurs, y compris ceux des petites gares.

Notre demande : rétablir le train du soir !

Nous demandons à SNCF Occitanie de réfléchir sérieusement au rétablissement de la desserte ferroviaire du soir pour les très petites gares.

Nous ne demandons pas un traitement de faveur, simplement un service public ferroviaire cohérent et accessible à tous.

Les habitants des territoires ruraux ont eux aussi le droit de voyager et de rentrer chez eux le soir sans devoir organiser une expédition pour trouver une voiture !

Nous ne demandons pas la lune, juste un train pour rentrer chez nous. Et si possible, sans devoir attendre lundi matin !

Et contrairement à Koh-Lanta, ici, nous ne cherchons pas à gagner une épreuve d’immunité : nous voulons simplement rentrer chez nous !

 

 

Voir aussi pour la même journée: Surprise du matin – Tous Ensemble Pour Les Gares