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Deux thèmes très en vogue : le statut des cheminots et le coût du service public

Statut des cheminots

La construction des chemins de fer entraine un profond bouleversement de la société française.

La majorité des cheminots provient du monde rural.

Après la première guerre mondiale les compagnies craignent que cette main d’œuvre leur échappe. Pour les fidéliser est créé en 1920 le premier statut, bien modeste, bien ordinaire (stabilité d’emploi, cités SNCF,…).

Cet appât va permettre à la Compagnie d’Orléans (par exemple) de garder en son sein tel paysan du gourdonnais qui aurait pu être tenté de migrer vers la Compagnie du Midi (par exemple) ou d’aller respirer un autre air non ferroviaire.

Ce statut va pour le moins avoir la vertu de créer l’esprit chemin de fer, on est tout ferroviaire, on est cheminot de père en fils…

Ce statut va connaître une vie mouvementée, très souvent brandi comme un épouvantail, œuvre d’un créateur diabolique, attribut de privilégiés responsables de toute la misère du monde.

Il n’est qu’une autre abomination qui puisse l’égaler, c’est le statut des fonctionnaires.

La période actuelle est bien loin d’échapper à ce climat. Il suffit d’ouvrir un œil ou de tendre une oreille.

 

À propos de service public ferroviaire et de son coût

 

À propos de coût, il y a deux types de langages avec les chemins de fer :

Type A comme Argent, c’est le langage rentabiliste à court terme qui ignore la sécurité, les investissements…

Type B comme Bienfait, c’est le langage des chemins de fer comme service public, de même que l’éducation, la police, la justice ou la santé.

Il y a depuis le début un effet de pendule.

On est tantôt en langage de type A comme en 1967 avec le « Rapport Nora* » et en 1995 avec Alain Juppé, tantôt, entretemps, après balancement, en langage de type B.

Actuellement on revient « curieusement » au langage de type A comme Argent.

En 1933 il y avait 12511 gares. Il en reste 3000.

On a beaucoup détruit au nom du langage de type A. Ce n’était pas rentable, mais c’est un service public.

À ce moment-là , s’il faut vraiment que les services publics soient rentables, faisons travailler les enfants dans les écoles et faisons travailler les malades dans les hôpitaux, pour leur faire produire quelque chose pour rentabiliser.

Les chemins de fer sont un service public total.

Dès 1845, il y a obligation de service public.

On impose des trains postaux, il y a des tarifs spéciaux, les militaires ne paient pas, un policier avec  un détenu menotté au bout d’une chaîne ne paie pas, non plus que le détenu menotté au bout de la chaîne du policier.

Dès le second Empire cette obligation de service public est clairement imposé.

 

* Rapport Nora est un rapport sur la gestion des entreprises publiques ou Simon Nora avance l’idée totalement nouvelle que les entreprises publiques doivent se soumettre aux lois du marché et de la concurrence et estime que société d’État et gestion rigoureuse ne sont pas incompatibles.
Le général de Gaulle n’a accepté de le rendre public qu’en 1968.

Il est à l’origine de la deuxième vague de fermeture s de lignes (la première en 1938, à la création de la SNCF.

Auteur

Nom : celmar

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