
Cahors ! Quand prendre le train devient un petit parcours du combattant, ce n’est pas forcément à cause des trains. Parfois, il suffit simplement de regarder les portes de la gare !
Jeudi 20 août 2026, je me trouvais à la gare de Cahors. Après avoir quitté le quai, direction le souterrain pour rejoindre le quai 1. Jusque-là, tout va bien. Rien à signaler : le voyageur peut encore penser que son passage en gare va se dérouler normalement.
Mais une fois arrivé en haut, au niveau de la première porte, surprise : celle-ci est en panne.
Qu’à cela ne tienne ! Direction le guichet pour acheter mes billets. Et là, nouvelle information : cette porte d’entrée est en panne depuis le 8 décembre 2025. Nous sommes en août 2026. Faites le calcul : cela fait environ neuf mois. À ce stade, ce n’est plus vraiment une panne, c’est presque devenu un élément du patrimoine ferroviaire ! Après avoir acheté mes billets, je ressors donc par l’entrée située du côté du bureau d’information. Une situation qui dure depuis plusieurs mois.
Mais à la sortie, nouvelle découverte : deux autres portes sont également en panne. Dans le hall, il ne reste donc plus que deux portes encore en service. On pourrait presque organiser un jeu télévisé : « Quelle porte fonctionnera encore demain ? » Avec, pourquoi pas, un voyage gratuit à gagner pour le candidat qui aura réussi à trouver la bonne sortie !
Et si le rideau tombe en panne… vraiment ?
Autre sujet d’inquiétude : le rideau situé entre le bureau du guichet et celui de l’information.
Selon les informations recueillies sur place, son moteur serait vieillissant. Et si celui-ci venait à rendre l’âme à son tour, il ne resterait plus qu’à compter sur la porte de secours. Problème : lorsque cette dernière est ouverte, elle ferme mal. À ce rythme-là, la gare de Cahors pourrait bientôt proposer une nouvelle attraction touristique : « Escape Game – spécial gare ». Objectif : entrer dans la gare, acheter son billet et surtout… réussir à ressortir ! Derrière l’humour, la situation est pourtant beaucoup moins amusante.
Nos gares historiques du Lot méritent mieux
Les gares du Lot sont, pour beaucoup, des bâtiments historiques du XIXᵉ siècle. Elles font partie du patrimoine ferroviaire et architectural de notre département. Je regrette donc profondément que l’entretien courant de ces bâtiments ne soit pas toujours à la hauteur de ce qu’ils représentent.
Bien sûr, des investissements importants sont réalisés. À Cahors, par exemple, des ascenseurs neufs ont été installés. La ligne bénéficie également de travaux de régénération. Et c’est évidemment une bonne chose.
ais pendant que l’on investit dans de grands projets, on semble parfois oublier une chose essentielle : entretenir ce qui existe déjà.
Autrefois, des cheminots assuraient une partie de l’entretien courant des gares : repeindre des volets, entretenir les fenêtres, remplacer une ardoise ou une tuile, effectuer de petits travaux…
Aujourd’hui, on pourra toujours répondre que réparer une porte, repeindre un volet ou changer quelques tuiles… n’est pas « vital ». Certes. Mais attendre que les petites réparations deviennent de gros travaux finit généralement par coûter beaucoup plus cher.
La sobriété, c’est aussi préserver l’existant
On nous parle régulièrement de sobriété, de rigueur budgétaire et du manque d’argent. Justement ! Si l’argent est devenu rare, ne faudrait-il pas commencer par préserver correctement ce que nous possédons déjà ? Une porte entretenue coûte probablement moins cher qu’une porte complètement hors service. Une fenêtre entretenue régulièrement peut éviter d’avoir à la remplacer. Quelques tuiles changées à temps peuvent éviter des infiltrations et des dégâts beaucoup plus importants.
L’entretien courant n’est peut-être pas spectaculaire. Il ne permet pas toujours d’inaugurer une belle plaque avec des élus et des journalistes. Mais il évite que le patrimoine se dégrade lentement, jusqu’au jour où la facture devient beaucoup plus importante.
Et puis, une gare n’est pas seulement un endroit où l’on monte dans un train. C’est aussi un bâtiment qui accueille les voyageurs et qui dans le Lot, témoigne d’une histoire ferroviaire vieille de plus d’un siècle et demi.
Et sur le quai 2, les poubelles ont pris le train… mais sans les voyageurs !
Après cette petite aventure dans le hall de la gare, il était temps pour moi de repartir. Direction le quai 2. Et c’est là que l’on constate un autre petit oubli qui, à force de s’accumuler, finit par devenir assez gênant : les poubelles. Avant les travaux de réfection du quai 2, les voyageurs disposaient pourtant de tout ce qu’il fallait pour se débarrasser de leurs déchets. Il y avait notamment un distributeur de boissons ainsi que de nombreuses poubelles mises à leur disposition. Puis les travaux sont arrivés.
Les quais ont été refaits, modernisés, améliorés… mais visiblement, dans le grand chantier de rénovation, les poubelles ont été oubliées en route !
Après les travaux, elles ne semblent pas avoir retrouvé leur place en nombre suffisant. Et c’est dommage, car un voyageur qui achète une boisson au distributeur lorsqu’il y en a un, ou qui arrive avec une bouteille vide, doit bien pouvoir la jeter quelque part.
Pour ma part, au moment de repartir, je me suis retrouvé avec ma bouteille en plastique vide. Faute de poubelle à proximité, j’ai donc dû… la reprendre avec moi et la rapporter chez moi.
On pourrait presque y voir une nouvelle politique écologique : « À la gare de Cahors, vos déchets voyagent gratuitement avec vous ! » Plus sérieusement, ce genre de détail montre encore une fois qu’un aménagement ne s’arrête pas aux grands travaux.
On peut refaire un quai, le rendre plus moderne, plus agréable et plus accessible. Mais il faut aussi penser aux usages les plus simples du quotidien : où le voyageur jette-t-il les déchets ?
Rénover, c’est bien. Rénover en pensant à tout, c’est mieux.

