Des réflexions de notre vice-président:
Le train fantôme.
Hier matin,07 janvier, un train LIO est parti de Toulouse en direction de Brive sans aucun usager à bord. Un fait loin d’être isolé : en l’espace d’un mois, ce sont trois trains LIO qui ont circulé à vide sur cette ligne.
Cette situation interroge directement l’organisation de la SNCF Occitanie. En effet, la question de la rentabilité est régulièrement mise en avant, notamment lorsqu’il s’agit de justifier le refus d’arrêts supplémentaires dans certaines gares, au motif de leur coût financier et du temps de parcours allongé.
Pourtant, faire circuler un train vide, avec un conducteur et très probablement un agent de contrôle de bord, n’est ni rentable ni écologique. À cela s’ajoute le coût énergétique d’un train en mouvement sans passagers, difficilement justifiable dans un contexte où les enjeux environnementaux sont pourtant régulièrement mis en avant.
À l’inverse, un arrêt dans une petite gare même pour une poignée de voyageurs permet la vente de billets et contribue, à son échelle, à la rentabilité du service. Certes, ces gares ne génèrent pas les mêmes flux que Toulouse ou Cahors, mais un train transportant quelques passagers reste toujours plus pertinent économiquement et écologiquement qu’un train circulant entièrement à vide.
L’argument avancé est souvent celui de la nécessité de repositionner le matériel pour assurer d’autres dessertes, comme certainement la ligne Brive–Figeac. Toutefois, une autre approche pourrait être envisagée : utiliser ces circulations exceptionnelle comme des trains « à la demande » ou proposer la vente de billets sur ces trajets. Cela permettrait non seulement de répondre à un besoin réel des usagers, mais aussi d’optimiser le temps de circulation et de générer des recettes supplémentaires.
Dès lors, une question essentielle se pose : combien coûte réellement à la collectivité la circulation d’un train sans aucun usager ? À l’heure où la rentabilité et la sobriété énergétique sont mises en avant, ces circulations à vide méritent une réflexion approfondie et une meilleure cohérence dans les choix d’exploitation du réseau régional.
Retards répétés sur la ligne LIO Cahors–Brive : une situation préoccupante
Aujourd’hui, 8 janvier 2026, le train LIO n° 871650 a accusé 70 minutes de retard, avec pour motif invoqué : « difficultés lors de la préparation du train ». Il faut toutefois reconnaître que, en matière de ponctualité, ce train figure régulièrement parmi les plus souvent en retard de la ligne, selon les constats répétés des usagers.
Il semble particulièrement difficile d’assurer un départ à l’heure depuis Toulouse pour le premier train de la journée à destination de Brive. À l’inverse, les deux autres trains LIO assurant la liaison Toulouse-Cahors rencontrent généralement beaucoup moins de difficultés.
On finirait presque par croire que les trains LIO Toulouse–Cahors sont considérés comme plus importants que ceux desservant la section Cahors-Brive. Pourtant, les gares situées au nord de Cahors desservent de petites communes et petites villes, c’est-à-dire des citoyens de la ruralité. Or, quelle valeur accorde-t-on aujourd’hui à ces habitants des territoires ruraux ?
Usager régulier de cette ligne, je constate un meilleur niveau de service entre Cahors et Toulouse qu’au-delà de Cahors. Les trains LIO Cahors–Brive donnent parfois l’impression d’être des trains « en échappée », pour reprendre une comparaison cycliste : nous arrivons après les autres, avec un service dégradé et un supplément de contraintes.
Nous aimerions simplement que ce train LIO soit aussi ponctuel que les autres. Nous ne demandons pas l’impossible à la SNCF, seulement un service fiable.
Ce train est essentiel : il est utilisé quotidiennement par des lycéens, des étudiants et des travailleurs. Les retards répétés ont des conséquences bien réelles. Dire à son employeur « désolé, mon train est encore en retard » n’est pas sérieux, même dans le meilleur des cas. À terme, cela peut conduire à perdre un emploi ou à ne pas en décrocher un en ville.
Perturbations en série sur les trains LIO et Intercités
Aujourd’hui, le premier train LIO n° 871650 a eu un retard de 70 minutes. Dans la foulée, le train LIO n° 871659, en direction de Toulouse, a également subi un retard de 10 minutes, avec pour motif annoncé : « réutilisation d’un train ». Une explication logique, puisque cette rame était initialement celle du train LIO 871650.
Le train LIO n° 871652, en direction de Brive, a quant à lui été supprimé, avec pour motif « conditions de départ non réunies ». L’information communiquée aux usagers précise que l’agent requis pour le départ du train était absent et n’a pas pu être remplacé.
L’Intercités n° 3605 a également connu un retard. Celui-ci peut être compris, l’incident étant imprévu et ne pouvant être anticipé par la SNCF.
Enfin, le train LIO n° 871663 a été supprimé pour cause « d’indisponibilité du matériel ». Heureusement, un service de substitution par car a été mis en place.
Ces perturbations successives viennent une nouvelle fois fragiliser la fiabilité du service ferroviaire régional et compliquent le quotidien des usagers, déjà fortement impactés par des retards et suppressions à répétition.
