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Manifestation du vendredi 30 novembre 2018 en gare de Figeac – Intervention de Jacques Montal Roque (cheminot)

Nous avions programmé cette manif à la gare de Gramat, mais les 2 associations, l’Association de Défense de la Gare d’Assier et de Promotion du Rail (A.D.G.A.P.R.) et Tous ensemble pour les gares (T.E.P.L.G.) ont décidé de l’organiser ici, devant la gare de Figeac, en solidarité après l’incendie qui a détruit notre gare. Pour soutenir les usagers des lignes de Capdenac-Brive, et Capdenac-Aurillac, la population du bassin de Figeac, les cheminots de ces lignes.

Nous devons tout faire ; élus, citoyens, cheminots pour veiller à ce que cette gare soit reconstruite, que les trains recirculent dans les meilleurs délais, pour retrouver le Service Public Ferroviaire pour l’intérêt de tous.

La gare de Gramat a déjà payé un lourd tribut face aux suppressions et diminutions d’heures d’ouverture, nous avons fait plusieurs manifs pour maintenir le Service Public dans cette gare.

Depuis juin 2018, l’agent qui assurait l’accueil du public, la vente des billets le matin en semaine, est parti en retraite, et n’a pas été remplacé. Et notre grande crainte maintenant est que cette gare soit fermée totalement les week-ends et jours fériés comme l‘a été la gare d’Assier en juillet 2107.

Or, cette gare, pendant ces périodes, est la seule gare ouverte, pour assurer la sécurité et la circulation des trains. Elle se trouve au milieu d’un tronçon de ligne de 65 km entre les gares de Figeac et la gare de Saint-Denis près Martel, elle a un rôle essentiel en cas d’incidents, de panne, pour assurer le croisement de 2 trains sur cette voie unique, et autres problèmes liés à la circulation des trains. De plus, du fait du cloisonnement de l’entreprise S.N.C.F., que SNCF Mobilités ne veuille pas régler la facture à SNCF Réseau, l’agent en poste actuellement les samedis, dimanches et jours fériés n’a pas le droit d’accueillir les voyageurs, de vendre le moindre billet bien que la gare soit entièrement équipée pour tout faire ! La logique des entreprises éclatées…  Situation complètement ubuesque, mais il reste des cheminots ayant encore une conscience professionnelle qui passent outre les directives et qui ouvrent le guichet pour renseigner et pour vendre les billets.

Madame Élisabeth Bornes, la ministre des transports, a présenté le fameuse loi sur la Mobilité ( L.O.M.), déjà retouchée vu le contexte social du moment.  Il n’y est plus question ni de la taxe sur les poids lourds, ni des péages urbains. En matière ferroviaire c’est très maigre, la ministre dit vouloir donner la priorité « aux trains du quotidien » en soi-disant voulant arrêter les Lignes à Grandes Vitesse, mais en même temps demandant au Directeur de Réseau S.N.C.F., M. Jeantet, de réduire de 200 millions d’€ les projets régionaux ! Chercher l’erreur, le maintien, l’entretien de nos lignes dites « secondaires » quid de leur avenir ? Qui va payer ? Où les collectivités territoriales, le Conseil Régional, où partir dans le giron du Privé qui les éliminera les unes après les autres pour cause de non rentabilité !…

Nos craintes et nos interrogations sont grandes quand à l’avenir des ces lignes, sachant que S.N.C.F. Réseau manipule et fait gonfler les factures pour l’entretien de ces lignes, ce qui pouvait couter 1 million d’€ serait multiplié par 3 !

Aussi l’État prend le risque d’aggraver la fracture territoriale dans cette période où le prix des carburants augmente fortement, et le climat se dégrade. Les transports collectifs propres en émission carbone, comme le train, devraient être une priorité nationale.

Mais nos dirigeants du Groupe S.N.C.F nous disent qu’ils n’ont pas vocation à organiser les transports, et pas plus à participer à l’aménagement du territoire. On voit bien qu’il n’y a pas de cohérence entre les ministères de l’aménagement des territoires et le ministère des transports.

Nous voulons interpeller les élus du Grand Figeac, les maires concernés, à propos du projet de cette fameuse « voie verte ». Nous vous demandons encore de réfléchir ensemble pour mesurer la pertinence, et l’utilité d’un tel projet qui, à nos yeux, n’est pas du tout judicieux en termes économiques et sur le plan environnemental. Nous vous demandons de ne pas adhérer au Syndicat mixte départemental initié par le Conseil départemental, une voie verte qui va coûter au bas mot 30millions d’€, avec l’argent des contribuables lotois notamment.

Alors que, si ce projet  se réalise, il mettrait à mal cette voie ferrée de 70 km entre le chef lieu du département et la sous-préfecture de Figeac. Nous devons tous, au contraire, porter le vrai projet pour réhabiliter cette voie ferrée qui possède un vrai potentiel économique et environnemental pour cette vallée du Lot, le retour des voyageurs (lycéens, travailleurs du bassin aéronautique du Figeacois) pour rejoindre leur lieu de travail avec un moyen de transport propre, un potentiel de marchandises, avec des trains pouvant tracter plus 1800 tonnes ( un train = 54 camions) pour désengorger nos routes dont l’entretien coûte très cher au département, et des trains touristiques. Cette voie ferrée pourrait être une voie de délestage en complément de la ligne P.O.L.T en cas d’incident ou de problèmes liés à la circulation des trains, sans compter qu’elle relie et débouche sur les départements du Cantal et de l’Aveyron. Qui plus est,  demain,  elle permettra de rallier la L.G.V. Toulouse –Paris à Montauban. Cela est un vrai projet pour un vrai Service Public Ferroviaire, pour l’intérêt général.

Mesdames et messieurs les élus et décideurs, vous devez faire preuve d’intelligence collective en consultant les citoyens, en faisant participer et collaborer le plus grand nombre quant à l’avenir de nos territoires, et pour les faire vivre en bonne intelligence et en harmonie avec le besoin des contribuables.

Il manque encore dans notre pays une vraie politique d’éco mobilité pour aboutir à une stratégie d’aménagement cohérente de nos territoires, pour nos vies de tous les jours.

Nous vous répétons, ensemble refusons ce projet néfaste de « voie verte »

Jacques Montal.

Auteur

Nom : celmar

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