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Les invraisemblables conditions de voyage dans les Intercités 100% Eco – Témoignage

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Vendredi 28 juillet 2017 le témoin prend l’Intercités 100% Eco Toulouse Paris à Souillac peu après midi.

Le train est à l’heure. Ce ne sera pas plus le cas à l’arrivée à Paris : une heure de retard. La seule information donnée : des incidents techniques.

Le pire est entre les deux.

Chacun ne sait pas que ces trains l’Intercités 100% Eco  sont des rames trains de nuit, et que certaines voitures sont des voitures couchettes, avec 4 couchettes par compartiment, 2 en haut avec accès par échelle meunière et 2 en bas, le nec plus ultra pour un train de nuit, une imposture pour les trains de jour comme nous allons le voir.

Notre témoin arrive dans son compartiment à 4 couchettes pour lequel la SNCF a vendu 6 places comme le « permet’ la configuration, mais fera bientôt choux gras sur 2 autres.

L’étage du haut est dédié aux bagages ou aux alpinistes car il n’est pas fourni d’échelle ou d’escabeau d’accès. Dans le cas ou se trouve notre témoin, pas d’alpiniste, uniquement des bagages.

L’étage du bas est en configuration nuit évidemment (pouvant accueillir deux dormeurs). Sur les 8 passagers, 6 peuvent occuper le terrain en position lotus, les 2 derniers ( un Indien et une dame africaine et bébé dans une poussette) se sont vus offrir un coin de banquette car debout qu’ils étaient dans le couloir, avec d’autres. Il va s’avérer que ces deux-là n’ont pas de place attitrée et n’ont d’autre choix que d’être en surnombre.

Contrairement aux rames TGV Inoui ça permet d’engager des discussions.

Le clou du voyage va venir du service de contrôle : le gratin des contrôleurs, du moins ceux de ce jour.

Les deux passagers qui n’ont pas de place attitrée sont montés sans avoir pu acheter leur billet comme ils l’espéraient au guichet de la gare de départ, ce n’est pas dans le mode d’emploi des trains Intercités 100% Eco , ça ne peut se faire que sur Internet.

Dans un train « normal », non Intercités 100% Eco, vous pouvez acheter votre billet auprès d’un contrôleur, le guichet de la gare de départ pouvant être fermé, la gare pouvant être fermée, ou votre arrivée coïncidant avec celle du train.

Dans ce train Intercités 100% Eco, vous êtes propriétaire d’un billet acheté obligatoirement sur Internet. Sinon vous êtes illégal et le contrôleur du jour fait payer à chacun des 2 clients hors la loi une amende de 144 €. Dura lex, sed lex, aurait écrit Jules César (Dure est la loi, mais c’est la loi).

Et nul n’est sensé ignorer la loi SNCF dira Monsieur Pépy à la lecture de cette chronique, se marrant après avoir remarqué que 144 est le carré de 12, que 144 est pair, alors que 13 bis n’est ni pair ni impair.

C’est d’ailleurs pour une raison totalement autre que les trains longs ne comprennent pas 13 bis voitures mais 14.

Pour pouvoir conter cette histoire, le témoin a, pour se faire rouler de A à B, payé la somme de 30 €.

Pour pouvoir conter que deux dormeurs égalent six veilleurs, voire six veilleurs inconfortablement assis et deux veilleurs debout, le témoin a payé la somme de 30 €.

Pour se faire rouler de A à B, le témoin a payé la somme de 30 €.

A est mis en place de Souillac, B est mis en place de Paris Austerlitz.

B est un petit clin d’œil au soleil du 2 décembre 1805.

TEPLG n’ignore pas  qu’Austerlitz est d’une grande importance stratégique pour la SNCF, sinon son chef-d’œuvre tactique dans la destruction du service public de transport ferroviaire.

TEPLG lutte pour qu’il ne soit un jour où l’on enseigne cette stratégie dans de nombreuses écoles de destruction du service public de transport ferroviaire.

Auteur

Nom : celmar